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Sur les marchés, un début d'année difficile pour l'intelligence artificielle
information fournie par Boursorama avec AFP 06/02/2026 à 17:52

Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. ( AFP / FABRICE COFFRINI )

Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. ( AFP / FABRICE COFFRINI )

La bulle de l'intelligence artificielle commence-t-elle à craquer? Le secteur tech subit des secousses sur les marchés mondiaux depuis le début de l'année, rattrapé par les doutes sur ses valorisations stratosphériques et la rentabilité de ses investissements.

Le Nasdaq, indice américain qui regroupe les principales valeurs technologiques américaines, a perdu plus de 2,50% depuis le début de la semaine, malgré une tentative de rebond vendredi.

Ces derniers jours, les résultats de plusieurs géants, comme Amazon, Alphabet ou Microsoft ont été mal reçus par les investisseurs, faisant disparaître des centaines de milliards de dollars de valorisation.

Inquiétudes pour les logiciels

Un élément déclencheur cette semaine a été l'annonce mardi par la start-up Anthropic, derrière l'agent conversationnel Claude, d'un nouvel outil IA capable de traiter les tâches juridiques et de recherche, menaçant le modèle économique des logiciels professionnels de ces secteurs.

Les actions de leurs éditeurs ont plongé en Europe et aux États-Unis.

Les "marchés ont commencé à prendre en compte la capacité de l'IA à menacer des modèles économiques, avec un coût social important", relève Cyrille Collet, directeur de la gestion quantitative actions de CPRAM.

Les jours suivants ont vu une contagion au reste du secteur technologique.

"Beaucoup d'investisseurs ont préféré jeter le bébé avec l'eau du bain", relève Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac, interrogé par l'AFP.

Doutes depuis l'automne

Cela s'ajoute en effet à des inquiétudes croissantes sur la capacité des géants de la tech à rentabiliser leurs investissements massifs dans l'IA, d'autant qu'ils les financent de plus en plus en s'endettant, alors qu'auparavant ils utilisaient leur propre trésorerie.

"Cela peut accroître les risques pour l'ensemble du système si un d'eux vacille", explique Kevin Thozet.

"Il y a douze mois, on s'attendait à ce qu'Amazon, Google et Microsoft investissent 244 milliards de dollars. Aujourd'hui, ce chiffre s'élève à 494 milliards de dollars. Pas étonnant que les marchés hésitent à financer", résume le fonds Bespoke dans une note.

S'ajoutent "les contraintes physiques: y aura-t-il assez d'électricité pour les centres de données, ou de puces?", explique à l'AFP Vincent Juvyns, analyste pour ING.

Depuis le début de l'année, les "sept magnifiques", surnom donné aux grands noms du secteur technologique qui soutenaient jusque là le marché, dégringolent: l'action Microsoft accuse une perte de quelque 20%, Amazon de 15% et Alphabet, la maison mère de Google, de 12%.

Défiance envers les États-Unis

Les valeurs technologiques subissent aussi le contrecoup de la politique de Donald Trump, qui accroît l'incertitude géopolitique, monétaire (avec une baisse du dollar depuis plusieurs mois) et économique.

Les investisseurs se tournent vers d'autres régions comme l'Europe. Depuis début février, l'indice vedette parisien CAC 40 ou le FTSE 100 sont en hausse, d'un peu plus de 1%.

Ce mouvement avait déjà été observé en début d'année 2025 et avait connu son apogée lors de l'annonce des droits de douane contre les partenaires commerciaux des États-Unis.

Les analystes d'Edmond de Rotschild relèvent en outre "une rotation sectorielle brutale (...) avec comme principale victime le secteur de la technologie", délaissé par les investisseurs tandis que beaucoup d'autres secteurs voient leurs actions monter.

Est-ce le début d'un krach?

"Il faut savoir raison garder. Comme à chaque coup de chaud, c'est aussi le moyen pour des investisseurs de prendre leurs bénéfices sur des titres qui ont quand même beaucoup gagné", tempère Vincent Juvyns.

"Ces mouvements de ventes peuvent sembler presque apocalyptiques", reconnaît Nancy Tengler, de Laffer Tengler Investments. "Il faut se souvenir qu'à court terme, ce sont les algorithmes et les fonds spéculatifs qui alimentent ces mouvements violents", nuance-t-elle.

Plus généralement, "les marchés sont en train de passer de +tout le monde va gagner+ à un paysage plus contrasté, où on se rend compte qu'il y aura des gagnants et des perdants" de l'IA, "et il faut les déceler", selon les analystes de Deutsche Bank.

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